C’est pourquoi la nouvelle Stratégie québécoise d’économie d’eau potable du Québec annoncée en mars dernier prévoit des clauses liées à la tarification pour les municipalités afin qu’elles réduisent leur consommation en eau.
Celles qui ne respecteraient pas l’objectif de réduction de 10 % de la consommation moyenne par habitant d’ici 2014 pourraient se voir contraintes de procéder à l’installation de compteurs d’eau et à tarifer son utilisation dans les industries, commerces et institutions.
Un remède aux pénuries?
Au-delà des déboires connus à Montréal en 2009, bon nombre de municipalités du Québec ont adopté avec succès cette pratique de tarification il y a plusieurs années.
C’est notamment le cas de Rouyn-Noranda, qui a installé des compteurs d’eau résidentiels dès 1928 et qui a investi massivement dans l’entretien de son réseau afin de réduire les fuites. Aujourd’hui, les Rouynorandiens consomment deux fois moins d’eau que la moyenne québécoise.
À Saint-Pamphile, des problèmes d’approvisionnement en eau ont poussé la Municipalité à installer des compteurs d’eau résidentiels en 1987, en plus de ceux réservés aux commerces et aux industries présents sur son territoire.
« Après avoir réalisé des tests dans certaines résidences, nous nous sommes aperçus qu’il y avait un problème de surconsommation. Une famille pouvait utiliser deux fois plus d’eau qu’une autre, même si elles avaient le même nombre d’adultes et d’enfants, explique Réal Laverdière, maire de Saint-Pamphile. En installant les compteurs
d’eau, nous sommes parvenus à passer d’un débit de 309 000 m3 d’eau traitée à 199 000 m3. L’impact a été très rapide et les citoyens et industries ont vite changé leurs habitudes.»
M. Laverdière soutient que beaucoup d’usines qui utilisaient auparavant de l’eau potable du réseau municipal se sont tournées vers d’autres sources d’eau non traitée pour leurs besoins afin d’éviter de payer une trop grande facture.
«Il y avait aussi des citoyens avec des toilettes qui fuyaient ou avec de vieux systèmes de plomberie qui laissaient couler leur eau en hiver afin d’éviter que leurs tuyaux ne gèlent. Ils se sont vite aperçus que ça leur coûterait moins cher de remplacer leur système que de payer leur eau», lance-t-il.
Tarifer les autres services
Pour ce qui est des autres services à tarifer, M. Laverdière cite en exemple les loisirs où une contribution directe est apportée par les utilisateurs alors que le reste des coûts est absorbé par la Municipalité.
Pour lui, la tarification fixe «à la porte», déjà appliquée à la collecte des matières résiduelles, n’a pas une très grande valeur incitative puisque le tarif est le même pour chaque résidence. La Municipalité évalue cependant la possibilité de
se doter d’équipements qui permettraient de mesurer l’utilisation pour chaque contribuable en fonction du poids des matières récupérées.
«Ça existe déjà dans certaines autres villes, mais c’est assez nouveau. C’est une des avenues que nous évaluons pour les prochaines années», conclut-il.
Source: Magazine Marché MUNICIPAL VOL. 6 - no 5 septembre-octobre 2011
