Dossiers
Chantiers et sécurité
Prévenir vaut mieux que guérir
Chaque année, dès le printemps, les municipalités sont amenées à exécuter toutes sortes de travaux: que l’on pense à l’entretien des réseaux routiers ou à la réfection de réseaux d’égout, aux projets de construction et de rénovation, ou encore à l’aménagement de terrains sportifs, ces travaux nécessitent l’ouverture de chantiers qui, pour la majorité, restent actifs durant plusieurs semaines et occasionnent des nuisances de natures diverses: détournement de circulation, nuisances sonores, interruption de service, poussière, etc.
À la moindre négligence, ces chantiers peuvent devenir le théâtre d’événements malheureux, et plus particulièrement d’accidents de travail ou de vols d’équipements. Que la municipalité soit elle-même maître d’œuvre des travaux ou qu’elle en confie l’exécution à un ou plusieurs entrepreneurs, il est de sa responsabilité de déterminer les balises à l’intérieur desquelles les entrepreneurs et les travailleurs devront oeuvrer et de s’assurer de la mise en place d’un ensemble de mesures préventives adaptées à chaque cas. Il s’agit non seulement d’identifier et de circonscrire au mieux les risques d’accidents, tant pour les personnes qui travaillent sur les lieux que pour les riverains et les usagers concernés, mais également de veiller à la protection adéquate des biens et équipements sur le chantier.
Enfin, pour le cas où un sinistre surviendrait malgré tout, la municipalité doit être en mesure de faire face à ses obligations et, le cas échéant, indemniser les victimes ou assumer, par exemple, les coûts de remplacement d’équipements volés ou détériorés placés sous sa responsabilité. Le secteur de la construction se compose d’une
multitude d’acteurs et la concertation de tous est un exercice difficile. Rien d’étonnant alors à ce que la perception de la sécurité du travail soit très variée au sein d’une équipe. On comprend donc la nécessité pour toute municipalité d’analyser tous les paramètres d’un projet avant même l’ouverture du chantier, de définir les politiques et les règlements applicables, d’anticiper les problèmes potentiels et de veiller à l’application de mesures de prévention adéquates, préservant à la fois une bonne productivité et une bonne sécurité sur le chantier et dans son environnement immédiat.
On pense d’abord à la nécessité pour la municipalité, d’une part, et pour les collaborateurs et prestataires issus d’univers multiples, d’autre part, de satisfaire aux exigences légales en termes de permis professionnels, de cautionnement, d’assurances, etc. Cette première étape de vérification réalisée, il est alors primordial d’impliquer solidairement tous les intervenants et les partenaires dans une démarche de prévention, notamment en les sensibilisant aux risques encourus en cas de négligence et en les informant des procédures d’urgence à engager en cas de sinistre.
N’oublions pas, enfin, d’informer largement les riverains et les usagers dont l’accès aux services seront perturbés lors des travaux: sensibilisés aux objectifs poursuivis, informés sur les différentes phases du chantier et sur les bénéfices dont ils pourront bénéficier ensuite, ces partenaires naturels seront davantage enclins à pardonner les
nuisances auxquelles ils seront exposés et attentifs à ne pas nuire à l’avancement des travaux.
Enfin, pour s’assurer de la bonne marche des travaux et limiter les dérives éventuelles, rien ne remplace les inspections régulières des chantiers par un inspecteur municipal dûment mandaté et l’exigence de mesures correctives rapides qui feront l’objet d’un suivi efficace et rigoureux.
En conclusion, rappelons-nous le proverbe selon lequel «Prudence est mère de sûreté»: anticiper, planifier et informer permettent, en règle générale, de prévenir les problèmes.
Michel Raymond
Conseil en prévention
Groupe Ultima, représentant autorisé de
La Mutulle des municipalités du Québec

