Chronique

Stratégie d'approvisionnement

Sensible à la réduction des coûts et au développement durable

Le « juste-à-temps » a son origine des modèles japonais de gestion. Il repose sur l’atteinte de plusieurs « zéros » dont les plus populaires sont : zéro-stock, zéro-défaut, zéro-attente, zéro-délai, zéro-panne, zéro-papier, zéro-défaillance, zéro-frustration. Ce modèle est équilibré car il met en opposition les mêmes attentes des dirigeants de l’entreprise. À titre d’exemple, le fait de réduire les stocks au point de ne plus en avoir à sa disposition (zéro-stock) est intéressant car il réduit le coût de stockage. À l’opposé, pour plusieurs dirigeants, le fait de ne pas avoir du stock de disponible, c’est comme de faire du trapèze sans filet. Le moindre accroc dans une livraison et la production arrête apportant des coûts inutiles et un accroissement des effets négatifs sur le développement durable (exemple : seconde livraison). Ainsi, le zéro-stock peut apporter des inquiétudes des dirigeants au niveau du délai. La solution à ceci est d’avoir un stock minimal, moindre qu’avant mais pas réduit à zéro.

Ainsi, la réduction des coûts débute par l’élimination du gaspillage ou des coûts de non-qualité, par un programme d’assurance de qualité, par une maîtrise de ses espaces géographiques, par la capacité de l’entreprise à produire par petits lots, par un programme d’entretien préventif efficace et par la maîtrise de la qualité de l’information qui devrait permettre d’effectuer l’opération d’achat sans générer des documents en papier. C’est un défi pour une entreprise de prendre la voie et les décisions qui s’imposent pour obtenir l’optimum d’une telle approche.

L’approvisionnement apporte une grande contribution dans le succès de ce modèle. Son travail constant auprès des sources d’approvisionnement actuelles et potentielles permet à l’entreprise d’avoir un parc de fournisseurs qui répondent aux trois critères importants, les 3 « E » dont reposent ce modèle à savoir l’écologie, l’efficience et l’économie.

L’approvisionneur se soustrait aux gâtismes. Il évite de se sentir à l’aise dans un environnement et d’arrêter de faire des améliorations visant à atteindre l’excellence. Le marché est trop en ébullition pour reconnaître qu’il y a une fin à ce processus. Il y a un principe dans la recherche de l’excellence qui dit que ce n’est pas d’atteindre les sommets qui est important mais d’y rester. Dans plusieurs entreprises, l’approvisionneur est considéré comme un agent de changement. Et ce titre, pleinement mérité, il le doit à ses compétences d’oser, d’innover et de questionner.

Par : Jean-Pierre Ménard, Transport & Logistique
http://www.gestionlogistique.com/httpdocs/visionner.php?id=511

Jean-Pierre Ménard, a.p.a. FCAQ
Ex-président de la Corporation des approvisionneurs du Québec, fellow à l’Association canadienne de la gestion des achats et expert en approvisionnement pour AXA Canada inc.

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